"La ville la plus brésilienne de France"

La semaine dernière j’ai retrouvé une amie d’ami, une brésilienne de Sao Paulo en vacances à Marseille (ça existe). On se prend un café près de la Préfecture (chic) et au détour de la conversation elle me dit avec son joli accent "J’aime bien Marseille…" et termine dans un grand éclat de rire "c’est la ville la plus brésilienne de France !"

Elle me parle de la facilité qu’elle a depuis le début à rencontrer des gens. Pour nuancer ses propos, comme on dit ici : "la gadji envoie la ganzou" et ça ne m’étonne pas qu’elle se fasse plein d’amis sans E. Bref, elle me loue l’accessibilité des marseillais, comme j’ai décidé de la challenger, je lui rétorque que les français disent qu’on est très ouverts mais que c’est superficiel, ça l’amuse mais elle ne voit pas vraiment où est le problème. On peut passer une bonne soirée ensemble et plus jamais se voir, et alors ? Je suis assez d’accord, c’est déjà ça de pris !

Elle continue : le mélange des populations, le foot, la nonchalance (on est en pleine chaleur de juillet), les pique-nique sur la plage (elle a adoré ça)… et la conversation part sur autre chose.

Après l’avoir quitté, je prends le métro et je repense à cette phrase "la ville la plus brésilienne de France", ça claque quand même ! C’est autre chose que "On the move", ça change de Chicago, de la première ville arabe traversée par le Paris – Dakar, de la capitale euro-méditerranéenne… ça donne envie de prendre un pastis piscine et d’écouter des sons latinos au petit pavillon, non ?

Et je me dis qu’elle a encore plus raison que ce qu’elle pensait. Au-delà de l’ouverture aux autres, du foot etc… on partage aussi avec le Brésil des inégalités sociales gargantuesques : combien déjà le rapport entre le revenu moyen à la Belle de Mai et Boulevard Périer ? Des problèmes de violences alimentées par les trafics de drogue, les quartiers où personne ne va etc…

Par contre, côté Carnaval, fête sur la plage et autres amusements…les CIQ veillent au grain, plus fascinés par Genève que par Rio. Et d’ailleurs, dans un récent numéro du Courrier International (celui avec le supplément Provence et la lavande en couverture), il y a deux ou trois pages sur les "Bailes Funk" qui m’ont fait rêver pendant quelques minutes.

Avant d’aller plus loin, lancez la vidéo pour découvrir ces bailes funk organisés dans les favelas de Rio, là où la police ne va pas, après que les CIQ brésiliens se sont chargé de les expulser des endroits où ils s’organisaient…

Imaginez un moment… marre d’avoir à gérer les mal baisés du centre-ville et de la Corniche qui font fermer tout ce qui danse, et si les fêtards marseillais se retrouvaient dans les Cités des quartiers nord ? Plus de police pour empêcher les sounds systems de s’exprimer, plus on met de monde dans l’espace public, moins on laisse de place aux trafics, encanaillement et adrénaline garantis, tout le monde est gagnant ! On craint degun ou pas ?

La nuit se couchera-t-elle au nord ?

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