Ces hordes de belges qui envahissent mon village

Hier, j’ai quitté Marseille. Pas définitivement, bien heureusement, juste pour quelques jours de repos à la campagne (le début de grève des poubelles me pousse à  penser que j’ai lâchement fui au bon moment – j’y reviendrai bientôt dans un autre billet, celui-là est plus léger, quoique…). J’ai donc quitté Marseille après une nuit marquée par la non-célébration de la défaite algérienne, pour un petit village varois situé près des gorges du Verdon d’où une partie de ma famille est originaire et où nous conservons une maison. Effectivement, ma dernière nuit marseillaise a été marquée par un calme relatif après quelques cris remontant de la rue au rythme des actions pendant le match Algérie – Allemagne. Fini, parti (…), me voilà au calme, loin des réactions passionnelles des supporteurs algériens et de celles tout aussi dénuées de nuances des racistes qui pullulent autour du vieux-port.  Au calme ? Pas tant que ça, ou quand le stigmate se déplace plus au nord. Lire la suite

Barcelone étouffée : comment gérer la massification du tourisme ?

[Ce billet fait partie d'une série de trois, voir détails ici : Barcelone étouffée par le tourisme, quels enseignements pour Marseille ?]

A priori, le tourisme est plutôt bon pour une ville, il apporte des richesses financières (20 millions d’euros par jour à Barcelone par exemple) mais aussi culturelles (ouverture à l’autre, langues étrangères…). Attention à également prendre en compte l’impact négatif, car tout phénomène à un impact positif et négatif selon de quel point de vue on se place. Cet impact peut être environnemental ou social (hausse des prix plus importantes que les salaires des habitants et perte de pouvoir d’achat). Et c’est bien pour ça qu’il s’agit aussi d’une affaire de bonne ou mauvaise gestion. Lire la suite

Barcelone étouffée : quand on parle des Ramblas comme de la Canebière

[Ce billet fait partie d'une série de trois, voir détails ici : Barcelone étouffée par le tourisme, quels enseignements pour Marseille ?]

Le premier point qui m’a frappé dans le documentaire Bye Bye Barcelona, ce sont les mots utilisés par les Barcelonais pour parler des Ramblas et du centre-ville. Il y a un parallèle évident entre Ramblas et Canebière, et pas pour les raisons que l’on croit. Les deux avenues sont emblématiques de la ville où elles s’étendent, certes, mais c’est le discours d’exclusion suite à une invasion qui a attiré mon attention. Lire la suite

Barcelone étouffée par le tourisme : quels enseignements pour Marseille ?

Marseille mise sur le tourisme pour son développement économique, c’est un des axes de la nouvelle mandature Gaudin-Teissier. Ils n’étaient que 2,8 millions en 1996, ils étaient 4 millions en 2011 et près de 5 millions l’année dernière (source: l’office du tourisme dans l’Echo Touristique). Au-delà des chiffres, c’est un phénomène perceptible dans les rues du centre-ville, sur le vieux-port, sans parler du Panier, du J4 ou des Calanques. Qui n’a pas croisé son japonnais ou son américain perdu dans le métro ou le tram ? Les hôtels ouvrent, embauchent, des endroits mal famés deviennent plus attrayants, certains sentent même une certaine fierté à voir des gens d’ailleurs trouver notre ville digne d’intérêt. Quelques personnes tirent néanmoins la sonnette d’alarme, les critiques viennent parfois de gauche : ce serait le tourisme contre le Marseille populaire, et parfois de droite : le tourisme et l’économie résidentielle contre le développement industriel et high-tech.

Je suis très récemment tombé sur un documentaire sur Barcelone, modèle invoqué s’il en est à Marseille. Je vais tenter de vous en présenter les points qui, selon moi, nous apprennent le plus pour le cas marseillais. Le but du documentaire est de dénoncer les abus du tourisme de masse qui, des mots des habitants, transforme Barcelone en parc d’attraction. Le cas Barcelone est intéressant car il offre (presque) 25 ans de recul sur les conséquences d’une stratégie que la Mairie de Marseille assume comme exemple. Un des bénéfices d’être en retard étant de pouvoir ne pas reproduire les erreurs de ceux partis plus tôt, j’ai pensé pertinent de partager ça ici.

Pour que ce soit plus digeste, je les publie en deux billets différents :

Mais avant toute chose, voilà le documentaire, avec la possibilité de sous-titre en anglais (ou en castillan pour les passages en catalan).

 

Ma vie sans voiture à Marseille épisode 9 : València

Je rentre de Valence, València, la ville d’Espagne qui nous a piqué l’America’s cup, la UEFA de 2004 et les chaînes du vieux-port. On voit tous de quelle ville je veux parler ? Bon, et bien ils viennent encore de nous piquer un truc : le titre du système de transport le plus absurde d’Europe. Il est de coutume pour le marseillais qui voyage de (presque) tout trouver mieux ailleurs, c’est souvent plus propre, mieux foutu, plus organisé… et les transports en commun n’échappent pas à la règle. C’est d’ailleurs ainsi qu’il justifie de ne pas prendre le métro à Marseille alors qu’il vient de passer une semaine sans voiture à… Valence par exemple. "Ah oui, ici le bus c’est bien mais à Marseille c’est pourri et dangereux !" c’est tellement pourri et dangereux qu’il ne le prend jamais, à se demander comment il sait que c’est pourri et dangereux !

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La mission civilisatrice du néo-marseillais

Puisque je n’ai pas tout dit sur le sujet dans ma lettre à Guy Teissier, voilà la suite de ce que m’inspire sa sortie sur Marseille africaine. A mon avis, ce qui rapproche le plus Marseille de l’Afrique sont ceux qu’on y croise, et je ne veux pas parler de ceux qui arrivent d’Afrique, mais plutôt de ceux qui viennent ici pour nous aider. Enfin, je dis "nous", ceux qui viennent pour aider Marseille. Quoi ? Si, si, vous en connaissez sûrement et vous en êtes peut-être (sans forcément le savoir, je le sais, j’en suis moi aussi). Lire la suite

"It’s time to dance!" Le week-end qui m’a redonné la navette

Me voilà de retour. Après de nombreux billets grincheux, une bonne nouvelle ! Oui, un week-end comme on aimerait en passer plus souvent, je le dis et je l’affirme : l’hipsterittude ne s’est pas complètement évaporée de Marseille ! Ou comment j’ai passé un week-end barcelonais comme j’en avais pas passé depuis longtemps. Barcelonais, certes, mais avec une "Marseille-touche" comme j’aime.

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"Oh mais c’est l’Afrique !" Lettre à Monsieur Teissier

Cher Monsieur Teissier,

Nous n’avons eu des désaccords, et j’avoue m’être souvent lâchement moqué de vos électeurs. J’ai entendu votre sortie sur l’africanisation de certains comportements à Marseille et je voulais souligner votre clairvoyance.

Alors oui, il y a eu un dépôt de plainte et des indignations légitimes de la part de ceux qui se sont assez justement sentis stigmatisés, reconnaissons-le. Le marseillais, comme l’africain, est impulsif, vous le savez aussi bien que moi. D’ailleurs, il l’est tellement que j’ai entendu quelqu’un dire pendant les Municipales "Oh, mais c’est l’Afrique !" Il ne parlait pas du continent africain, ni même de ces quartiers du centre-ville dont vous aimeriez tant vous occuper. Non, il parlait des élections tout simplement, des accords des uns avec les autres, des tracts et de la vacuité des propositions.

Après avoir entendu votre sortie, je me suis rappelé de cette personne et je pense que vous êtes dans le juste. Lire la suite

J’ai testé Ouigo, et bien oui(will never)go again

Je suis parti deux semaines en Angleterre (mi-business, mi-pleasure) et afin de me rendre à Lyon St Exupéry (d’où partait le seul avion avec des horaires compatibles avec mes obligations le vendredi 18 avril), j’ai choisi le Ouigo qui présente l’avantage d’aller directement de Marseille à l’aéroport, et donc 1) d’aller plus vite et 2) d’éviter les 16€ du Rhônexpress. Récit de mon aventure, ou comment je me suis senti fessé par Ouigo. Lire la suite

Tian récupère Marseille en viager, et après ?

Voilà, les élections sont terminées, plus de tracts, plus d’affiches, plus de contacts avec les élus hors réunion du CIQ, à dans 6 ans ! Et que reste-t-il de ces quelques mois de tension, de débats, d’espoirs et de craintes ? Et bien comme une impression qu’il ne s’est rien passé, une marche ratée, un sentiment de "tout ça pour ça"… Marseille est sauvée (ou perdue, c’est selon) pendant encore 6 ans. Mais que s’est-il passé ?

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