Barcelone étouffée : comment gérer la massification du tourisme ?

[Ce billet fait partie d'une série de trois, voir détails ici : Barcelone étouffée par le tourisme, quels enseignements pour Marseille ?]

A priori, le tourisme est plutôt bon pour une ville, il apporte des richesses financières (20 millions d’euros par jour à Barcelone par exemple) mais aussi culturelles (ouverture à l’autre, langues étrangères…). Attention à également prendre en compte l’impact négatif, car tout phénomène à un impact positif et négatif selon de quel point de vue on se place. Cet impact peut être environnemental ou social (hausse des prix plus importantes que les salaires des habitants et perte de pouvoir d’achat). Et c’est bien pour ça qu’il s’agit aussi d’une affaire de bonne ou mauvaise gestion. Lire la suite

Barcelone étouffée par le tourisme : quels enseignements pour Marseille ?

Marseille mise sur le tourisme pour son développement économique, c’est un des axes de la nouvelle mandature Gaudin-Teissier. Ils n’étaient que 2,8 millions en 1996, ils étaient 4 millions en 2011 et près de 5 millions l’année dernière (source: l’office du tourisme dans l’Echo Touristique). Au-delà des chiffres, c’est un phénomène perceptible dans les rues du centre-ville, sur le vieux-port, sans parler du Panier, du J4 ou des Calanques. Qui n’a pas croisé son japonnais ou son américain perdu dans le métro ou le tram ? Les hôtels ouvrent, embauchent, des endroits mal famés deviennent plus attrayants, certains sentent même une certaine fierté à voir des gens d’ailleurs trouver notre ville digne d’intérêt. Quelques personnes tirent néanmoins la sonnette d’alarme, les critiques viennent parfois de gauche : ce serait le tourisme contre le Marseille populaire, et parfois de droite : le tourisme et l’économie résidentielle contre le développement industriel et high-tech.

Je suis très récemment tombé sur un documentaire sur Barcelone, modèle invoqué s’il en est à Marseille. Je vais tenter de vous en présenter les points qui, selon moi, nous apprennent le plus pour le cas marseillais. Le but du documentaire est de dénoncer les abus du tourisme de masse qui, des mots des habitants, transforme Barcelone en parc d’attraction. Le cas Barcelone est intéressant car il offre (presque) 25 ans de recul sur les conséquences d’une stratégie que la Mairie de Marseille assume comme exemple. Un des bénéfices d’être en retard étant de pouvoir ne pas reproduire les erreurs de ceux partis plus tôt, j’ai pensé pertinent de partager ça ici.

Pour que ce soit plus digeste, je les publie en deux billets différents :

Mais avant toute chose, voilà le documentaire, avec la possibilité de sous-titre en anglais (ou en castillan pour les passages en catalan).

 

Le "failure-porn" ou ce tourisme dont on ne parle pas

La ville de Détroit est en pleine crise, en faillite même, je n’ai jamais mis les pieds à Détroit mais ce que j’en lis me fait penser à Marseille en version XXL américaine, plus de friches, plus de faillites, plus de ségrégation sociale, plus de projets, plus de tutelle de l’Etat… Là-bas aussi on parle d’un casino, là-bas aussi on rachète des immeubles à tour de bras, là-bas aussi le gouvernement a envoyé un administrateur/préfet spécial pour mettre de l’ordre. Bref, comme souvent, il y a des similitudes, mais aussi des différences fondamentales, qu’elles soient structurelles (le fédéralisme, la possibilité de se déclarer en faillite, le modèle social) ou contextuelles (la dynamique MP2013, la métropolisation, la crise de la dette) qui limitent la comparaison. Ceci étant posé…

L’objet de ce billet est de revenir sur une observation que j’ai pu faire lors de visites que je fais au sein de l’association des Greeters Marseille, en la mettant en parallèle avec un article du L.A.Times sur Détroit que je viens de lire dans le Courrier International de la semaine dernière : "Detroit, ses ruines, ses touristes". Le failure-porn, adaptation pour Marseille du ruin-porn dont on parle à Détroit, c’est la fascination pour l’échec, le plaisir étrange que ressente certains visiteurs en se promenant autour de la Canebière ou dans la Belle-de-Mai (pour mon expérience personnelle). Lire la suite

Carton jaune à la CCI

L’info a fait son petit tour dans les newsletters spécialisées en communication : "La CCI Marseille Provence retient BDDP Unlimited", on appelle ça une annonce client, BDDP publie un communiqué pour se satisfaire d’avoir été choisies parmi d’autres, c’est toujours étrange à écrire, ça n’a aucune originalité : on annonce, on met une citation du client, une du patron de l’agence (on travaille souvent à partir d’une version ayant servi pour un autre client) et ça sert surtout à montrer qu’on est dynamique. Mais bref, vous vous doutez bien que je ne prends pas le clavier pour faire un cours sur les communiqués d’annonce de nouveau client. Non, derrière cette apparence de "business as usual" se cache, selon moi, quelque chose de grave, une trahison de la CCI : BDDP est une agence parisienne ! Lire la suite

Barcelone 1992, Marseille 2013, pas le même air

Voilà un billet que j’ai en tête depuis longtemps… tout le monde connaît maintenant mon catalanisme latent, ma passion pour Barcelone et l’intérêt que j’ai pour la communication des villes en général. Je vous propose aujourd’hui une (courte) analyse comparée des "hymnes" de deux évènements internationaux ayant eu lieu, un à Barcelone, et l’autre à Marseille. A ma droite "Barcelona" par Freddie Mercury et Montserrat Caballé pour les JO de 1992, à ma gauche, "export import" de Gari Gréu et Flavia Coelho.

Peut-on comparer les deux ? Apriori oui, bien que les évènements soient différents, ils ont tous deux choisi la musique pour s’incarner, l’ambition n’a rien à voir (d’un côté on est mondial, de l’autre européen voire français) mais c’est dans les deux cas une ouverture vers les autres. Du coup, c’est un bout d’elle-même que les villes ont mises dans ces chansons, et c’est intéressant (enfin je crois) de voir ce qu’elles aiment montrer d’elles. Lire la suite

Maryse, Kim-Jong-Un style

Une espionne à ma solde en mission à Aix m’a gentiment offert un document très instructif : un numéro spécial d’Aix en Dialogue, le magazine de la Ville d’Aix. C’est un hors série de 75 pages intitulé "La métamorphose d’une ville. Les années décisives qui ont changé le visage de la cité", et qui propose au lecteur de passer en revue toutes les réalisations des années Joissains. La maire-candidate à sa réélection se fait offrir par la Mairie un catalogue hagiographique des réalisations de son équipe, sans laisser aucune place à l’opposition ou même au débat, mais avec quelques perles qui valent leur pesant de calissons. Lire la suite

Campagne Loewe : quel manque d’élégance !

Loewe est une marque madrilène de maroquinerie et prêt-à-porter (groupe LVMH)qui défraie la chronique et enflamme les TT de twitter en Espagne après avoir sorti un spot de pub sur internet. On en parle partout, tout le temps, tous les professionnels ont un avis, tous les journaux en ont fait un petit (ou grand) article, et le web continue de flamber.

Mais…"qué pasa" ?

Quelques éléments de cadre : Loewe fait du "luxe", mais entendons-nous bien, du luxe "de masse" ou "mass prestige", qui est la spécialité de LVMH. Bref, une marque très chère mais concernant suffisamment de monde pour que de la com de masse s’avère pertinente. En Espagne, on dit facilement que c’est une marque de "pijos", que l’on traduit rapidement en français par "fils à papa" ou "gosse de riche", cliquez pour voir la belle photo de Bart Simpson en pijo espagnol… Bref, on a tous compris à quoi on avait affaire, on peut envoyer la vidéo (avec sous-titre anglais). Lire la suite