César à Cantini, derniers jours avant mieux ?

C’est le vrai dernier week-end pour aller voir l’exposition César au Musée Cantini en place depuis la rentrée, et prolongée de janvier à mars. Si ce sont les derniers jours pour voir cette cinquième exposition marseillaise consacrée à l’un des artistes majeurs que la ville a donné au monde, on a sûrement pas fini de parler de lui et de son héritage à Marseille. Entre projet de musée avorté, histoires compliquées de succession, nouvelle idée "d’espace" César… Encore une illustration des relations particulières qu’entretient Marseille avec son patrimoine. Lire la suite

Matta, trésors et vestiges : des expos marseillaises

On n’arrête pas la culture ! En 2013 aussi, je continue de rendre visite aux musées marseillais régulièrement. La semaine dernière, après avoir visité la nouvelle Friche et le J1, je suis allé voir le nouveau Cantini et l’inébranlable Vieille Charité (tous les musées changent, et Mamie Charité demeure). Petit compte rendu de trois expositions que tout sépare, sauf peut-être le fait de mettre en scène les hauts et les bas des musées marseillais. (Et mon premier coup de fil anonyme pour demander un droit de réponse)

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Marseille développée en noir et blanc à la Vieille Charité

La Vieille-Charité accueille jusqu’au 16 décembre plusieurs séries de photos réalisées entre 1991 et 2011 par Bernard Plossu à Marseille. J’y ai découvert la ville sous un angle original, mon œil s’est posé sur des lignes nouvelles, et j’ai aimé (comme souvent) me regarder le nombril le temps d’une expo, pourquoi le nier ?

J’adore les expos photos, et j’adore les expos sur Marseille, celle-là était donc un passage obligé une semaine après son ouverture. Ce que je ne savais pas, c’était que Plossu travaille le noir et blanc. C’est donc un traitement original de Marseille que j’ai découvert. On vante souvent les couleurs de Marseille et de Provence, les photographes comme les peintres ou les cinéastes aiment montrer le bleu, le jaune, le rouge, les épices, les étoffes, les brillants, le criard de cette ville. L’explosion de couleurs absorbe normalement le regard que l’on pose sur les représentations de Marseille.

Plossu n’est pas de ceux-là, « je ne suis pas un photographe du midi » dit-il dans une vidéo à voir en dernière salle. Cette fois, on voit les formes ! Les lignes d’une passerelle d’autoroute, l’enchevêtrement des chemins de fer, l’encadrement d’une fenêtre ouverte sur la mer, le découpage des collines… Mais aussi la lumière ! Une fois neutralisées les couleurs, on a comme une ambiance de soleil d’hiver, des reflets, des contre-jour, l’éblouissement des après-midi d’automne lorsque le soleil est bas et qu’on marche face à lui.

Son traitement permet aussi de sortir des clichés, voir les phares de voiture sous la pluie, ne plus savoir s’il fait beau ou pas, comme parfois très tôt le matin quand le ciel n’est pas encore bleu et qu’on ne sait si c’est un mur de nuage ou un ciel immaculé. On découvre aussi la Marseille brumeuse comme sur cette photo de sortie de la Major, les grandes portes sont ouvertes sur le blanc des immeubles d’en face, nous sommes dans l’obscurité de l’intérieur, éblouis par la lumière, mais une lumière que l’on devine amplifiée par la brume du large qui entre dans le port.

Et au-delà du traitement graphique noir et blanc, il y le contenu des photos. Le regard d’un photographe « promeneur » qui a arpenté la ville pendant 20 ans, et pas 20 ans au hasard. De 1991 à 2011, cette période qui correspond au début de l’expression d’un désir de reconquête du centre-ville, aux années Gaudin, à « Comme un aimant », à Munich 93, à Euroméditerranée… Cette collection de clichés montre ce Marseille des années 90 et 2000, le Marseille que j’ai connu depuis minot. Elle donne à voir ce que certains appelleraient ses « mythologies ».

Les mythologies de Marseille… Il y a les éternelles : la mer, les collines, l’horizon, les îles, la Bonne Mère, les clochers de quartiers, le bateau entre ou sort du port. Et puis il y a celles qui correspondent à l’époque, celles que j’associe intimement à Marseille, mais pas forcément mon grand-père. Dans le désordre, j’ai reconnu le cube noir du métro, la voiture chargée qui part ou revient du bled, les immeubles abandonnés, les bars tabac de quartier aux noms improbable (voir « Le Café Chic »), les travaux, les autoroutes urbaines et leurs passerelles, et bien sûr, partout : des voitures ! Lire la suite

Punks & Cagoles : l’esthétique de l’excès à la galerie LAME

Encore quelque chose sur les cagoles en moins de trois jours ? Oui, je ne veux pas reprendre l’historique du mot et du phénomène, beaucoup d’autres l’ont fait avec beaucoup plus de talent que ce que je pourrais faire.

Je voudrais tenter d’élever la cagole à quelque chose de plus intéressant que les rapprochements hasardeux que j’ai déjà entendu : "c’est une pouffe", "une fille vulgaire"… Je pense que c’est beaucoup plus que ça, et qu’à ce titre, elles mériteraient bien un film. Et en attendant, voilà déjà une belle expo à la galerie LAME.

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3 expos en 2 jours…et encore, j’en ai raté

Une Néomarseillaise croisée récemment a une terrasse, a expliqué devant moi que"culturellement, ya rien ici". Ce n’est pas parce qu’elle est parisienne que j’ai voulu la contredire, mais de mon côté, je suis régulièrement surpris par le nombre de choses que j’arrive à faire à Marseille (même après 4 ans à Paris). Et voilà un exemple supplémentaire…avec trois expositions très différentes du plus au moins rigolo. Lire la suite

"Donc c’est de l’aérosol sur formica…" [vernissage inside]

Je sais pas vous, mais parfois dans les vernissages je m’emmerde. On y va parce qu’un ami expose, parce que c’était bien vendu dans Ventilo, parce qu’il est de bon ton pour le JUB ("jeune urbain branché") de commencer une phrase par "hier j’étais à un vernissage et…". Bref, on y va mais parfois, pffffff, on passe plus de temps au buffet que dans les salles.

Et bien là, pas du tout ! J’ai aimé ce que j’ai vu, j’ai ri, et j’ai appris plein de trucs, notamment que l’on pouvait faire "de l’aérosol sur formica"…  Alors qu’est ce qu’on dit ?

On dit…"merci" aux collègues qui m’ont parlé du vernissage d’HKB aka Hérétiques Karting Buvard à la Tapis Vert Gallery au 41 de la rue éponyme. D’abord parce que je ne connaissais pas l’endroit et que je l’ai beaucoup aimé, et parce que les HKB et leur "exposition à 8 mains avant la fin du monde" m’ont séduit. Lire la suite

Superbacana à la Citerne du Panier : derniers jours

Il y a quelques semaines, j’allais à une soirée chez des amis dans le Panier, et je croise une amie sur le chemin qui me dit : "Ah, tu vas au vernissage ?"… Je lui réponds que non, mais curiosité oblige, je veux en savoir plus, elle m’explique, et puis n’étant pas vraiment en retard, je décide d’y faire un saut.

C’est là que j’ai découvert : 1/ un lieu sympa, La Citerne du Panier, 2/ un artiste qui a attiré mon attention : Superbacana. Je vous présenterai le lieu une autre fois, j’ai bien rencontré un des deux fondateurs il y a peu à l’Art Haché mais vous imaginerez bien que je n’ai plus tous les éléments en tête pour dire quelque chose de pertinent ;-) Lire la suite